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LA TRAPPE

Martin DoucetCouverture originale (1996) - Appuyez sur Ctrl et cliquez - 1996 - Coll. Littérature - Trois-Rivières - 124 pp

 

La journée semblait si paisible. Au menu de deux ado toujours curieux, une promenade en forêt pour se creuser un coin tranquille. Mais quand ils découvrent une trappe ancienne donnant sur un couloir mystérieux, la journée prend une autre tournure. Quelles découvertes feront-ils? L'aventure semble passionnante, jusqu'à ce qu'ils s'aperçoivent que la trappe s'est refermée derrière eux. Que feront-ils avec seulement quelques heures d'oxygène avant de perdre conscience?

 

"La Trappe" est la première œuvre de Martin Doucet, et également celle qui a démarré Les Éditions VAIXE. Alternativement considéré comme un court roman ou une longue nouvelle, sa structure déroute agréablement le lecteur. Au début une course contre la montre, lentement la structure de survie se met en place pour ces deux jeunes qui ne s'attendaient vraiment pas à cette situation.

 

La Trappe 2e édition - Appuyez sur Ctrl et cliquez

"Je souhaitais mettre en place les ressources que peuvent avoir les jeunes, l'étant moi-même au moment où je l'ai écrit [19 ans], et leur capacité d'adaptation. Deux ados en possession de leur moyens ont une témérité intense, et ils ont le pouvoir de faire ou subir n'importe quoi, pour peu qu'ils le décident", écrit l'auteur.

 

Originellement publié spiralé en 1996, la nouvelle édition sera collée et fera partie du Coffret VAIXE / Martin Doucet, qui sera bientôt disponible.

 

 

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On a dit de La Trappe:

«(...) un sens certain de la narration, un instinct pour le suspense qui ne laisse aucun doute sur les aptitudes de l’auteur...» (Imagine #75, ISSN 0709-8855)

 

Extraits:

 

CHAPITRE 2

 

"Il se résigne : peu importe la signification du symbole, il a plein effet, l’ayant vu en direct et sans nuages autour.

Seulement... Pulsion, c’est tout ce dont il se souvient du symbole.

Pulsion.

Soudainement, il se crée un vide dans son esprit. La tête lui tourne, et il se rattrape de justesse avant de perdre l’équilibre. Il ne pense plus à rien. Le paysage, pourtant si magnifique, se teinte de noir et de blanc, pour ensuite se fondre dans un gris anonyme. Tous les sons se dissipent pour devenir un bourdonnement subtil. Dans cette brume visuelle et sonore, seule la direction qu’emprunte le sentier conserve une notion de cohérence, et, en surimpression, se dessine une porte en acier, ondulant langoureusement dans des vapeurs de chaleur et de suffocation. Rien d’autre ne subsiste. Même Michel a disparu.

Puis, Marc fait un pas dans cette direction, et alors sa mémoire revient, sa vision redevient claire, ses perceptions se normalisent et Michel redevient son ami. Et ils cherchent un emplacement pour faire un trou."

 


 

CHAPITRE 4

 

"– On est pris, reprend-il. Et on est dans un tunnel sous la terre. Quand on a ouvert la trappe tantôt, il y a eu un appel d’air, tu te souviens?

Marc hoche la tête de nouveau.

– Bon. Quand on a ouvert cette porte-là, ya eu un autre appel d’air, n’est-ce pas?

Marc fait signe que oui.

– Pis l’autre, là-bas, au bout, aussi, hein?

– Oui, vient la réponse faible.

– Tu sais ce que ça veut dire.

– Que si on ne trouve pas une ouverture d’ici peu, on va mourir asphyxiés.

Silence. Ronronnement des ampoules."

 


 

CHAPITRE 5

 

"À mesure que ses yeux s’accommodent à la demi-obscurité, Marc perçoit, sur le pourtour de la pièce ovale, une multitude de portes. Au jugé, elles ont l’air moins résistantes que celles qu’ils ont rencontrées jusqu’ici. En s’approchant de l’une d’elles, il remarque qu’il marche sur du béton saupoudré de sable et de poussière, comme le sol du couloir. Les murs sont également en béton, ou plutôt en béton armé, puisque au haut d’une des portes une blessure du mur laisse voir les veines métalliques qui le sillonne. Il distingue également un nombre sur la porte en face de lui. Le nombre dix-sept, en chiffres romains."

 


 

CHAPITRE 16

 

"Michel commence à halluciner; il est trempé de sueur et son doigt tremble sur la gâchette. Sa vision s’embrouille et il s’essuie les yeux vivement. Son cœur bat à tout rompre, et il respire de façon saccadée et irrégulière comme si l’oxygène ne se rendait pas au cerveau.

Il se sent sur le point de défaillir. Il se met à geindre faiblement, et son doigt a parcouru la moitié de la gâchette de la sten, prête à cracher une livre de plomb dans les reins de quelqu’un en trois secondes.

L’ombre s’approche. Michel entend des pas.

Les trois quarts du parcours de la gâchette.

Puis une voix forte se fait entendre. Une voix inquiète, pleine d’accents contradictoires, avec les inflexions symphoniques qu’il reconnaîtrait entre toutes."

 


 

CHAPITRE 18

 

"Autre chose : la porte cinquante-et-un ne s’ouvre plus. Tant mieux, d’un côté, car ce n’est plus la chambre la plus passionnante de notre appartement... Grâce à la foulure du poignet de Michel, j’ai pu en réchapper la trousse de premiers soins, mais c’est tout.

Je ne comprends pas comment elle a pu se refermer et se verrouiller. Elle n’a pas de serrure. Et je n’ai plus de canif pour la forcer. Et pourquoi la forcerais-je? Je sais ce qu’il y a à l’intérieur, et ça ne m’intéresse pas.

C’est peut-être Michel. Mais dans quel but?

Bah... On s’en fout. L’important, pour tout de suite, c’est s’épargner la vie de l’un et de l’autre. Seul, je suis sûr qu’aucun de nous deux ne pourra s’en sortir. Et je ne veux pas avoir la mort d’un ami sur la conscience...

Il faut que je parle à Michel. J’y vais."

 


 

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